Couverture
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Informations
Animaux vivants à l'intérieur
Valéry Molet
Dernière mise à jour : 11/02/2026
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Fiche complétée
Éditeur
Nouvelle Marge
Collection
—
Série
—
Numéro de série
—
Format
Broché
Présentation
—
Parution
04-06-2018
Pages
70
Poids
66
Largeur
14
Hauteur
14
Épaisseur
0.6
Classification
Littérature générale > Poésie > Poésie contemporaine
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« Animaux vivants à l’intérieur » voici ce qu’on lit au cul des camions à bestiaux. Il s’agit d’une information presque énigmatique pour une invitation à la prudence. De ce message destiné aux automobilistes, de ce trompe-l’ennuie offert à ceux qui prennent patience derrière un véhicule trop lent et bouchant l’horizon, on peut en faire le titre d’un recueil de poésie. La poésie n’est pas lointaine, elle est au bout de votre nez et au cul des camions. Il suffit d’une petite distance avec le monde et de s’y voir dedans. Prenez garde avec le monde, il y a des animaux vivants à l’intérieur, dans l’attente de l’abattoir, des êtres vivants qui peuplent l’espace et le transforment en petit théâtre des choses ordinaires. Il suffit à Valéry Molet de se faire discret, de se retirer quand l’ironie plante le décor, pour faire surgir le poème, pièce délicate, offerte à tous comme une chanson décalée au cœur d’une discussion trop aimable. Ça ne vous dirait pas de « vivre dans un endroit propre où l’odeur de la mort n’est pas trop désagréable » ? Ce recueil aurait pu s’appeler de la même façon « Dépannage et remorquage ». Il suffit au poète de savoir s’arrêter, de savoir saisir le moment où « le temps ne geint plus » pour rédiger à notre adresse une prose à la fois proche de nous et étrangère. « Objets inanimés, avez-vous une âme ? », scandait le poète romantique. Celui de notre temps s’amuse d’un taille-haie brandi comme un salut romain, d’espadrilles rutilantes des vacanciers au cimetière de Vézelay, il est capable de souligner que « L’énigme de la zone pavillonnaire surpasse le mystère divin. »... Le quotidien n’est pas absurde puisqu’il se contemple, puisqu’il se narre. Il y a à l’intérieur de nos vies, de nos territoires, de nos blocs de bétons, de nos zones pavillonnaires, de nos salles-de-bain et sur les autoroutes et sur l’esplanade de la préfecture de Bobigny, des objets qui peuplent notre ordinaire et qui sont des moyens de s’évader puisque c’est notre nature. Valéry Molet ouvre des portes dans l’ordinaire de nos vies, et sa poésie est un raccourci vers l’Etre vivant à l’intérieur malgré notre utilité sociale. Nous sommes étonnés d’en être, encore. Toute vraie poésie irrigue les gens de l’être et se gausse des gens de lettre. Parce que nous sommes lucides, il nous est interdit de désespérer. En gouttant à la prose de Valéry Molet, on apprend aussi à vivre sans illusion et sans dégoût. Est-ce là l’espérance du pauvre ? Celle qui est donnée à celui qui renonce enfin à produire des raisonnements. Il nous faut regarder, souffler, inspirer, expirer. Il suffit … « Que la mer remonte une fois encore, Il faut qu’elle remonte. Que la mer descende une fois encore. »
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