Couverture
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Informations
Carl Schmitt - Un Esprit Dangereux, Un Esprit Dangereux
Jan-Werner Müller
Dernière mise à jour : 26/01/2026
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Fiche complétée
Éditeur
Armand Colin
Collection
Le temps des idées
Série
—
Numéro de série
—
Format
—
Présentation
—
Parution
24-10-2007
Pages
400
Poids
450
Largeur
—
Hauteur
—
Épaisseur
—
Classification
Livres pratiques > Vie quotidienne, Vie de la famille
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Ouvrage publié sous la direction de Guy Hermet Conception de couverture : Atelier Didier Thimonier Maquette intérieure : Dominique Guillaumin © Armand Colin, Paris, 2007 www.armand-colin.com 9782200254810 — 1re publication Avec le soutien du www.centrenationaldulivre.frCollection Le temps des idées Philippe Braud, Petit traité des émotions, sentiments et passions politiques Guy Hermet, L'hiver de la démocratie ou le nouveau régime Pour B.B. 1913-1999 et E.M. 1908-2001 Bien que beaucoup ait été perdu, il en reste beaucoup... Tennyson, UlyssesRemerciements Cela m'ennuie de lire des gens qui sont mes alliés, de gens qui sont grosso modo du même avis que moi. Ce qui est intéressant, c'est de lire son ennemi, parce que l'ennemi perce les défenses. Isaiah Berlin Mes premiers pas, très hésitants, dans l'œuvre de Schmitt, ont été grandement soutenus par Mark Philp, John Burrow, Andy Rabinbach, Harold James et Patrick Gavigan. Andy Rabinbach fut aussi le premier à encourager mon projet de constituer une histoire critique de « ce que Schmitt a signifié » pour le vingtième siècle. Peter Pulzer, d'autre part, a essayé de me retenir lorsqu'il le fallait, quoique souvent en vain. Nevil Johnson n'a cessé au fil des ans de ranimer mon intérêt sur Schmitt et, parfois sans même le vouloir, m'a permis de sentir plus finement ce qui rend un conservateur britannique si différent d'un conservateur allemand ; Erika A. Kiss quant à elle m'a révélé la différence entre le conservatisme politique et le conservatisme philosophique. Je voudrais également citer, dans l'esprit de « converser avec l'adversaire » (plutôt qu'avec l'ennemi), Andreas Kalyvas : nous avons, au fil des ans, eu bien des échanges sur Schmitt, ce qui, une fois encore, a donné raison à Isaiah Berlin. Sinkwan Cheng, Jerry Cohen, Peter Gosh, Nevil Johnson, Erika Kiss, Peter A. Kraus, Andreas Kalyvas, Leszek Kolakowski, Elliot Neaman, Theodor Paleologu, Peter Pulzer et Hew Strachan ont lu des parties du manuscrit à différentes étapes de son élaboration et ont beaucoup fait pour l'améliorer et pour m'éviter certaines erreurs. Je dois des remerciements spéciaux à Mark Lilla et à Galin Tihanov, qui ont lu tous les premiers jets et m'ont fait de nombreuses suggestions pour les améliorer. Je porte bien sûr l'entière responsabilité de tous les défauts et, surtout, la responsabilité de consacrer un livre qui entre dans le genre historiographique de l'histoire de la réception d'un œuvre organisée autour de problématiques. Parce qu'ils ont si obligeamment répondu à mes questions sur Schmitt et ses échos en Europe (et ailleurs), j'exprime ma reconnaissance à José Maria de Areilza, Daniel Arenas-Vives, Olivier Beaud, Ernst-Wolfgang Böckenförde, Giovanni Capoccia, Richard Faber, Roberto Farnetti, Evelyn Goodmann-Thau, Jürgen Habermas, Wilhelm Hennis, Ellen Kennedy, Reinhart Koselleck, Dirk van Laak, Günter Maschke, Heinrich Meier, Theodor Paleologu, Pasquale Pasquino, Gianfranco Poggi, Ulrich K. Preuss, Nicolas Roussellia et Nicolaus Sombart. Theodor Paleologu et Frieder Günther m'ont très obligeamment permis de consulter leurs thèses respectivement sur le Katechon et l'« occidentalisation » des publicistes allemands après 1945. Je voudrais aussi remercier le Professeur Dr. Jürgen Becker de m'avoir donné l'autorisation d'avoir accès au Schmitt Nachlaβ onservé dans les archives de Rhénanie du Nord-Westphalie à Düsseldorf. Le Dr. Dieter Weber s'y est révélé extrêmement obligeant et efficace pour ce qui est de localiser des sources. Mes remerciements vont aussi à Elisabeth Dutartre du Centre de recherches politiques Raymond Aron, qui m'a offert toute sa compétence, sans y être professionnellement tenue, pour m'aider à donner un sens à la correspondance Schmitt-Aron et à d'autres documents des Archives privées Raymond Aron. Des parties de la première partie ont déjà été publiées dans « Carl Schmitt — un nationaliste occasionnel ? » (History of European Ideas, Vol. 23, n° 1 [1997]). Des éléments de « Liaisons dangereuses » ont déjà paru sous le titre « 1968 en tant qu'événement, milieu et idéologie » (Journal of Political Ideologies, Vol. 7, n° 1 [2002]). Je suis reconnaissant aux éditeurs de la revue, John Burrow et Michael Freeden, de m'avoir autorisé à réutiliser ici ce matériau. Je voudrais aussi remercier le Professeur Becker de m'avoir autorisé à citer des passages du Nachlaβ, à Dominique Schnapper de m'avoir autorisé à citer des passages des lettres de Raymond Aron et Martin Forsthoff de m'avoir autorisé à citer des passages de lettres de Ernst Forsthoff. J'ai fait tout mon possible pour trouver la trace des ayants droit de tous les documents, et toute lacune sera corrigée dans les éditions futures. Je suis reconnaissant au Warden and Fellows of All Souls College, d'Oxford, de m'avoir fourni un cadre de travail merveilleux, auquel s'ajoutent les deux bourses qu'il m'a octroyées pour mener des interviews et des recherches en archives, en vue de ce projet. Mes remerciements aussi à Humaira Erfan-Ahmed et Doris Lehmann, qui m'ont apporté leur aide capitale pour mener à bonne fin un manuscrit toujours plus complexe et une correspondance parfois encore plus complexe. Terminer la recherche, comme le savent tous les chercheurs qui ont investi ce domaine, peut être un défi sérieux pour les spécialistes de Schmitt. Adam Freudenheim a mis toute sa patience et toute son opiniâtreté pour que j'y parvienne. Ce livre est dédié à deux femmes remarquables. Il fut terminé avec l'aide d'une troisième, Erika Kiss, qui m'a offert un foyer, des fondations philosophiques et un titre. Plus important encore, elle a aussi mis tout cela en perspective, avec passion et scepticisme. Partie IUn juriste allemand au vingtième siècle La plupart des conservateurs viennent des marges de la société. Carl Schmitt ne fait pas exception. Il est né dans la région mosellane de l'Allemagne en 1888, l'année de l'accession au trône de Guillaume II. Comme Heidegger, il est issu d'une famille de la petite bourgeoisie, intensément catholique. Il grandit dans le Sauerland, une enclave protestante au cœur de la Rhénanie à majorité catholique, elle-même située aux marges d'un empire dont la culture politique était dominée par le protestantisme et le prussianisme. Schmitt était trop jeune pour avoir connu le Kulturkampf— la bataille politique qui opposa Bismarck et l'Église catholique dans les années 1870. Pourtant, il semble que ce sentiment d'être « à l'extérieur » de la capitale ne devait jamais le quitter, même quand il sera au sommet de sa carrière, comme professeur de droit et comme principal juriste des nazis. En 1907, Schmitt fait de courtes études de droit à Berlin, et cette ville devait lui « devenir un destin », comme il le reconnaîtra plus tard. Il laisse de sa rencontre avec le monde berlinois une description très parlante : J'étais un jeune homme obscur, d'ascendance modeste. [...] Je n'appartenais ni aux couches dirigeantes ni à l'opposition. [...] C'était un peu comme si, me tenant dans un noir total, j'avais depuis mon poste observé une pièce vivement éclairée. [...] La forte répulsion que j'ai ressentie alors ne m'a pas permis de me sentir à l'aise dans mon rôle. La tristesse qui me remplissait me rendait plus distant et suscitait, chez les autres, défiance et antipathie. Pour les couches dirigeantes, quiconque ne vibrait pas à l'idée de les côtoyer, mais en manifestait une profonde tristesse était un corps étranger. Il s'agissait de s'adapter ou de se retirer. [...] Je demeurai donc à l'extérieur1. Bien plus tard, Schmitt, animé par une immense ambition, devait trouver les moyens de s'adapter et d'entrer enfin dans cette pièce vivement éclairée. Pourtant, en dépit de la tendance typique de ses derniers écrits consistant à offrir de lui-même un portrait stylisé, la certitude que cette distance intérieure de conservateur déraciné lui donnait une perception plus fine de l'époque a sa part de vérité ; mais elle produisit parfois des distorsions complètes. En plus d'être à la fois un miroir et un médium de son époque, Schmitt fut aussi un suprême manipulateur, un faiseur de mythes et un activiste politique. On trou...
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