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EAN : 9782909422961 · Données disponibles
EAN 9782909422961
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Broché Encre Marine Parution : 12-12-2005 128 pages
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Informations
L'Écriture de soi, ce lointain intérieur
Alain Milon
Dernière mise à jour : 10/02/2026
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Fiche complétée
Éditeur
Encre Marine
Collection
Encre Marine
Série
Numéro de série
Format
Broché
Présentation
Broché
Parution
12-12-2005
Pages
128
Poids
501
Largeur
16
Hauteur
22.8
Épaisseur
1
Classification
Sciences humaines et sociales, Lettres > Philosophie
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Toute écriture est-elle écriture de soi, sur soi, du soi, à soi, par soi et pour soi ? Écrire, n'est-ce pas prendre le risque d’un enfermement dans l’imbroglio sentimental de l’auteur ? Plus radicalement, n’écrire que pour soi, est-ce encore écrire ? C’est à ces questions qu’A. Milon s’attache avec sagacité et pertinence. La thèse soutenue, marquée par le sous-titre, est que l’écriture est, en son essence, un lieu d’effacement de soi, un espace d’hospitalité pour accueillir d’autres que soi. Néanmoins, si l’hospitalité est un accueil qui est recueil, l’accueil peut virer en écueil lorsque la présence d’autrui est perçue comme une remise en cause de soi. C’est souvent le cas pour ces écritures de soi qui s’abîment dans l’épuisement de soi, dans la confession sans conviction, dans la diffamation. Or l’écriture hospitalière s’oppose à l’écriture narcissique.Pourquoi privilégier Artaud plutôt que Beckett, Woolf, Fitzgerald, Céline ? Parce que le projet d’Artaud est d’expérimenter l’accueil de la langue dans l’écriture, comprendre que l’essentiel de l’écriture de soi est retour à l'« événement » qui n’est pas ce qui vient, mais « quelque chose qui dure dans ce qui arrive » (p. 43) : tout en écrivant sur lui, l’écrivain écrit pour les autres, toute écriture authentique est délibérément ouverte sur le monde. Le travail de création artistique n’est pas recherche de l’éternité, de l’absolu, il est « le produit d’un percept – ensemble de perceptions indépendantes de celui qui les éprouve – et d’un affect – un devenir qui dépasse celui qui le ressent » (p. 62). L’écrivain authentique se reconnaît à cette distance de soi à soi, en révélant ce que Michaux nomme « le lointain intérieur ». Si Artaud vocifère, vomit, bégaie, crache, crie, éructe, radote, ce n’est pas pour traduire sa souffrance, sa schizophrénie, son hystérie ; c’est qu’il parle un bilinguisme sans langage, une grammaire sans syntaxe, mettant au jour, dans la langue de l’intérieur, le devenir des choses. Son délire graphomaniaque n’est pas hyperproductivité graphique, griffonnage, il est mise en scène de l’écriture des autres, devant les autres (analphabètes, aphasiques, abouliques) dans sa propre écriture. II faut démonter la formule : je souffre donc j’écris donc je suis, qui réduit l’acte d’écrire à un pur mobile, à une démarche thérapeutique. On n’écrit pas parce qu’on souffre, on ne souffre pas parce qu’on écrit. La souffrance n’est ni cause ni conséquence, elle est constitutive de l’écriture, elle oblige le corps à être le lieu-devenir de l’acte d’écrire. Et dès lors l’altération du langage se fait altérité. Et notre auteur d’établir une comparaison entre le travail d’Artaud sur la langue dans son rapport à la vie et la musique rap, afin de mieux saisir toute la différence entre ceux qui risquent tout et ceux qui font mine de tout risquer. Le trop-plein du rappeur appartient au retranchement, il vide l’hospitalité de son contenu en construisant sa logorrhée comme une agression verbale, son dire mécanique veut moins exprimer quelque chose que montrer qu’il est là, qu’il existe dans le conflit, sans chercher à comprendre l’autre ; alors que la prose onomatopéique d’Artaud tend à ouvrir les oreilles de l’auditoire pour qu’il saisisse le procédé de la langue. Si, d’apparence, la glossomanie du rappeur possède les mêmes caractères que les glossolalies d’Artaud, toutefois la musique rap n’est qu’un moyen d’actualiser une relégation : « Autre langue, autre langage, autre lieu, mais toujours la même exclusion au sens où, qu’il soit relégué ou qu’il relègue, le rappeur pose, par son travail sur la langue, la question de l’exclusion » (p. 116).Au travers de ces pages fulgurantes parce que sans concession ni compromis, demeure le problème de savoir si l’écriture petit prendre la forme d’une « ontologie directe » trouvant les mots qui décrivent la réalité sans la signifier. Persiste aussi la question de savoir si l’écriture (de soi) est soliloque de soi-même, parole médiée par l’autre, ou langage comme « art de la conversation », pour reprendre le titre d’un de ses premiers écrits (L’art de la conversation, Paris, PUF, 1999, coll. « Perspectives critiques ») ? Nul besoin, à la lecture de cette écriture, de devoir « sauver un texte de son malheur de livre » (Levinas), tant les questions du fondement de l’écriture, de la figure de l’auteur, du rapport entre écrivain et lecteur se creusent en profondeur.
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