Couverture
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Informations
L'oiseau : récit physique
Macquet, Christophe
Dernière mise à jour : 10/02/2026
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Fiche complétée
Éditeur
Grand Os
Collection
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Série
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Numéro de série
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Format
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Présentation
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Parution
19-11-2014
Pages
88
Poids
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Largeur
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Hauteur
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Épaisseur
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Classification
Arts et Beaux livres > Photographie > Monographies
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Extrait de "Le silence de L'oiseau", par Xavier Boissel (http://d-fiction.fr/2013/05/le-silence-de-loiseau/) Terre, mousse, bulle, insecte, oiseau, peau du ciel, tendue comme un miroir – l’œil caresse le monde. Dans la pénombre, des têtes embuées qui surgissent : vieillard, femme, enfant – agrégations de nuages, qui auraient la consistance du rêve. Elles s’effacent, affleurent à la surface de la page, comme la roche sur le ménisque de la mer – comme ces phosphènes qui strient la conscience, au réveil. Aucune légende ne vient éclairer le destinataire. Peu importe le lieu de leur prélèvement ; amputées de tout commentaire, elles ouvrent des brèches dans la toile de nos banalités, « choses vues », qui s’énoncent, infrangibles dans leur prétention. Un tel silence vaut mise en garde : il n’est pas question ici d’un « carnet de voyages », de vignettes exotiques prêtes à consommer, bien au contraire ; qu’importent les distances parcourues, l’auteur est un voyageur arrêté ; il semble avoir fait sien l’apophtegme d’Henri Michaux : « On trouve aussi bien sa vérité en regardant quarante-huit heures une quelconque tapisserie de mur ». Il n’est pas, qui plus est, à proprement parler un « photographe ». C’est l’écriture qui mobilise en premier lieu Christophe Macquet depuis plus d’un quart de siècle, avec ses heurts, ses refus, ses disparitions ; la photographie est chez lui une pratique plus récente, mais y voir le signe d’une forme de dilettantisme serait trompeur. Loin d’être périphérique, surplus de toute une énergie verbale, elle en est bien plutôt musicalement (silencieusement) le contrepoint. Ponctuation visuelle, partition qui éclaire à front renversé le cortège des mots qu’il ne cesse de remâcher, ce cratère de la langue au bord duquel il se tient, en équilibre précaire, depuis l’enfance ; peut-être est-elle aussi une autre manière de ne pas écrire, de se déployer avec violence « contre l’écriture », sans toutefois signifier qu’elle viendrait divertir un manque, effacer l’éventuel échec d’une entreprise scripturaire. L’écriture, chez Christophe Macquet, est d’abord une lutte contre elle-même, toujours guettée par l’aphasie – elle est une ligne âpre, comme l’os du même nom. Christophe Macquet est avant tout un poète, et c’est à l’évidence en cette qualité qu’il a abordé le medium photographique. Il prend des photographies comme il creuse des phrases. Le monde est un abcès qu’il faut crever, une sanie en attente d’une hypothétique suture qui le rendrait enfin tel qu’en lui-même, dans sa beauté primitive et brutale : des mots – et des images. Le registre du visible, tel qu’il s’exhibe dans ces photographies est celui de la blessure, qui rattache. L’œil de l’opérateur caresse la chair du monde : œil-attouchement, qui cicatrise et qui embaume. Le regard de Christophe Macquet est celui d’un entomologiste ; ses photographies sont comme des papillons que l’on épingle sur le mur.
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