Couverture
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Informations
Les orangers de Noël / L'enfant du hasard
Tara Taylor Quinn
Dernière mise à jour : 08/03/2026
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Fiche complétée
Éditeur
Harlequin
Collection
—
Série
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Numéro de série
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Format
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Présentation
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Parution
28-10-2009
Pages
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Poids
330
Largeur
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Hauteur
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Épaisseur
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Classification
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Chapitre 1 « Vendredi 4 septembre 1992. « Cher James Malone, « On m'a donné ton nom au centre de soutien psychologique. Je m'appelle Marybeth Lawson et j'ai douze ans. Ma mère a été violée et tuée en mars dernier. Je suis en quatrième. Si tu veux, nous pouvons nous écrire. « Amicalement, « Marybeth Lawson. » « Mardi 8 septembre 1992. « Chère Marybeth Lawson, « J'ai eu treize ans la semaine dernière. Et toi, quand est-ce que tu les auras ? Je suis en quatrième, moi aussi. Ma mère aussi a été victime d'un viol. Je suis d'accord pour qu'on s'écrive si c'est ce que tu veux aussi. « A bientôt, « James Malone. » « Samedi 12 septembre 1992. « Cher James, « Je veux bien que nous nous écrivions, mais seulement si tu veux aussi. « Toutes mes amitiés, « Marybeth Lawson. « P.-S. : J'aurai treize ans en janvier prochain. Je suis la plus jeune de ma classe parce que j'ai sauté le CE1. » « Mardi 15 septembre 1992. « Chère Marybeth, « Très bien, d'accord, écrivons-nous. C'est quoi tes matières préférées ? Moi, j'aime beaucoup les ateliers de travail manuel, surtout quand on fait des objets en métal. Ces temps-ci, je fabrique une étagère pour l'anniversaire de ma mère, parce qu'il n'y en pas dans notre salle de bains. Il faut dire qu'on vient d'emménager et qu'il y a pas mal à faire, dans notre nouvelle maison. J'aime le dessin, aussi. Mais l'anglais et le reste, ce n'est pas ma tasse de thé, comme on dit. J'ai des notes correctes, seulement ça ne m'intéresse pas des masses. Par exemple, à quoi est-ce que ça va nous servir de savoir qu'un dénommé Shakespeare a écrit l'histoire d'un type qui assassine un roi pour être roi à sa place, et que sa femme se suicide et que lui a la tête tranchée ? C'est vraiment n'importe quoi, tu ne crois pas ? « Enfin, excuse-moi. Je suppose que tu aimes ça, toi. « A plus, « James. » « Vendredi 18 septembre 1992. « Cher James, « C'est super que tu étudies Shakespeare, toi aussi ! Je n'aime pas beaucoup Macbeth, moi non plus, mais j'adore Roméo et Juliette. Nous avons presque le même âge qu'eux. Remarque, ça ne veut pas dire grand-chose. Même si on me donnait un million de dollars, je refuserais de tomber amoureuse. Ce qui me plaît, c'est qu'ils sont tellement amis qu'ils sont prêts à mourir l'un pour l'autre. Un jour, j'espère avoir un ami de ce genre. (Je peux te le dire, parce que tu n'es qu'une feuille de papier et que je ne serai jamais obligée de te rencontrer en chair et en os. C'est ce qu'ils m'ont dit, au soutien psy.) Toi aussi tu es au soutien psy, n'est-ce pas ? Alors, ta maman est toujours vivante ? Tu as eu plus de chance que moi. « Réponds-moi vite, « Marybeth Lawson. » « Jeudi 24 septembre 1992. « Marybeth, « Ouais, je suis en soutien psy, comme toi, mais je n'aime pas ça. Et, oui, ma mère est vivante. Il n'y a que nous deux, dans notre famille, et je dois veiller sur elle parce qu'elle n'a que moi. Mais au cas où tu te poserais la question, je suis plutôt bon pour veiller sur les gens, et je sais écouter. Alors, si jamais tu as besoin de parler d'un truc, ne te gêne pas. Tu peux être sûre que ça restera entre nous. Si tu veux, je pourrai être ton ami, même en habitant loin. Si tu penses que c'est ridicule, fais comme si je n'avais rien dit. Je suis désolé que ta mère soit morte. « Réponds-moi si tu en as envie, « James. » « Samedi 26 septembre 1992. « Cher James, « Je viens juste de recevoir ta lettre. Ça faisait plus d'une semaine, et je commençais à croire que tu ne m'écrirais plus. Je ne pense pas du tout que ce que tu dis soit ridicule. Pourquoi n'aimes-tu pas le soutien psy ? Remarque, je reconnais que ça ne change pas grand-chose. Ils disent que ça fait du bien de parler de ce qui s'est passé, mais ce n'est pas vrai. Je n'ai pas envie d'en parler, je veux simplement oublier. Mon père a déjà laissé tomber parce qu'il ne supportait pas ça, lui non plus. Mais il veut que je continue. Je l'aime très fort, mon papa. Il ne parle plus beaucoup et il est toujours triste, maintenant, mais ce n'est pas sa faute. Il n'a plus que moi, lui aussi, et je prends soin de lui du mieux que je peux. J'ai appris à faire la cuisine — enfin, quelques plats que je réussis pas trop mal —, et je savais déjà faire un peu le ménage. L'autre jour, j'ai abîmé deux de ses chemises blanches en faisant la lessive, mais il ne m'a pas grondée. Il m'a juste dit de ne pas pleurer, et il est allé en acheter d'autres. C'est vrai qu'il a toujours été gentil. Avant, il m'aurait serrée dans ses bras, mais c'est une chose qu'il ne fait plus depuis tu sais quoi. Et ta mère, ça lui arrive de te prendre dans ses bras ? Ne réponds que si tu en as envie, d'accord ? « Au collège, ça marche assez bien, surtout en anglais et en maths. Je faisais partie des pom-pom girls, l'an dernier, mais cette année, j'ai laissé tomber. Je continue quand même la gym. J'arriveà faire le salto arrière, maintenant, et mon prof m'a dit que je pourrais sans doute faire de la compétition au lycée, si ça me tentait. Mais je ne crois pas que ça me tente. Mon père n'aurait pas le temps de venir me voir, alors à quoi bon ?
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