Couverture
image_key: 979/10/93/9791093557281_1d1daff48a321cca
Informations
Patagonie secrète
Guénane Cade, Chantal Bideau
Dernière mise à jour : 13/02/2026
0%
Fiche complétée
Éditeur
Travesias
Collection
travesias
Série
—
Numéro de série
—
Format
—
Présentation
—
Parution
18-02-2022
Pages
64
Poids
80
Largeur
—
Hauteur
—
Épaisseur
—
Classification
Littérature générale > Contes et légendes > Contes et légendes des Amériques
Sélectionnez une catégorie jusqu’au niveau le plus précis disponible.
Image key
979/10/93/9791093557281_1d1daff48a321cca
Au sud de la Patagonie argentine, entre soleil luciférien et vents enragés, remontons plus de treize mille ans, retrouvons les traces des Tehuelches, natifs paisibles d’avant la découverte, d’avant les massacres. Toute trace de culture éteinte, en extinction, en évolution est émouvante. Le sentier se tortille, grimpe doucement parmi les buissons de calafates, les berbéris de Magellan. Les baies juteuses bleuissent, ne pas résister, le Diable est là pour vous pousser. Qui mange des calafates revient, dit l’adage, j’affirme, vous pouvez succomber plusieurs fois. Qui a mangé des calafates ne peut le nier, dit aussi le proverbe. Et comme les enfants tehuelches qui, depuis des millénaires, se sont régalés dans les fourrés, vous allez vous barbouiller de bleu violacé intense, sans contredire le dicton. Les calafates remontent à la Création du monde, un monde qui n’appartenait à personne. Halte des tribus nomades, une grotte protégée par une casquette de basalte nous attend. Sur les murs, des peintures que le temps dévore. Vie des légendes, une longue main en négatif dans la couleur ocre fanée fascine. Elle refoule les jumeaux Kélenken et Maíp, deux esprits malins. Les mauvais esprits habitent les cavités rocheuses, les moindres petits trous de la pierre et de la terre. Prières et symboles, transmis d’aïeule en aïeule, de koone en koone, d’âge en âge, ont le pouvoir de les repousser. Kélenken, le plus grand, noir et laid, tête d’oiseau de proie, mains et pieds à trois doigts griffus, longue queue fourchue. Voir souffrir, pour lui, est un régal, il boit les larmes des femmes en gésine, jette des sorts aux nouveau-nés, rit et bat des ailes si vous délirez de fièvre. Maíp est l’esprit du vent glacé. Il accompagne toujours son frère pour éteindre les feux, pour que le froid tuméfie vos membres, gèle les pousses, tue les oiseaux sans nid. Mais, respirez, les jumeaux maléfiques ne sortent que les nuits où la lune s’absente. Les grottes où les peintures racontent les rituels d’exorcisme, rassurent, protègent, vous soulagent un instant de vos propres démons.
API (debug)
/api/v1/lookup?ean=9791093557281
Librairies
Outils de recherche:
(liste non exaustive)
Vous constatez une erreur ?
Connectez-vous pour proposer une correction et recevoir 20 crédits MetasBooks après validation.