Couverture
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Informations
Un avenir à deux
Ally Blake
Dernière mise à jour : 11/04/2026
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Fiche complétée
Éditeur
Harlequin
Collection
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Série
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Numéro de série
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Format
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Présentation
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Parution
12-05-2010
Pages
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Poids
112
Largeur
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Hauteur
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Épaisseur
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Classification
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Image key
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1. Hud s'immobilisa et, les yeux rivés sur Claudel, la grande vieille bâtisse qui se dressait devant lui, remonta son sac à dos élimé sur son épaule. Une épaisse couche de lierre tapissait les murs et de la mousse verdâtre recouvrait le marbre des marches du perron. Les vitres des fenêtres étaient voilées par des années de salissures. Quant à la toiture, il y manquait plusieurs tuiles et les gouttières débordaient de feuilles en voie de décomposition. L'état de délabrement avancé de la demeure n'empêcha pas Hud de se plonger dans ses souvenirs d'enfance. Que de journées ensoleillées il avait passées ici avec sa tante ! Chaque été, il était abandonné par ses parents qui partaient sans lui courir le monde pour certifier l'authenticité de découvertes archéologiques. Il se voyait encore allongé dans l'herbe fraîche, devant la maison, en train de dévorer les éditions originales des Chroniques de Narnia que possédait tante Fay. Il se mettait alors dans la peau d'un lion ou d'un autre fauve, voire dans celle de l'un des héros, les quatre frères et sœurs Pevensie. Il prit une profonde inspiration et, refermant pour l'instant les portes de sa mémoire, entra d'un pas résolu dans l'immense jardin de Claudel qui était dans un état plus lamentable encore que la bâtisse. Ce qui avait été autrefois un gazon impeccablement entretenu, garni d'un parcours de croquet et d'élégantes statues en marbre, était devenu un champ d'herbes folles. Les conifères, si bien taillés autrefois, n'avaient plus aucune forme et les ronces avaient envahi les parterres de rosiers. Tout avait pris cet aspect incroyablement sauvage qu'on ne trouve généralement que dans des régions inhabitées. Pauvre tante Fay ! Heureusement qu'elle n'était plus de ce monde pour voir ce triste tableau... Une fois le premier choc passé, Hud commença à apprécier les vives odeurs qui se dégageaient de cette nature brute. En tant que photographe pour Voyager Enterprises, il s'était rendu dans les plus beaux jardins de la planète, dans des zones de forêt tropicale menacées par l'homme ou encore dans d'épais marais du sud des Etats-Unis, brumeux et mystérieux, protégés par des fanatiques armés de fusils. Pourtant, la beauté pure et primitive de ce jardin laissé à l'abandon lui causait une violente émotion. La gorge serrée, il poursuivit son chemin à travers les broussailles, ignorant les branches qui lui griffaient les bras et les mains tout comme les épines qui s'accrochaient à son pantalon. Il voyageait de nouveau à travers le temps, se rappelant que, enfant, il adorait suivre le setter irlandais de tante Fay, toujours prêt à se lancer à la poursuite d'une proie imaginaire. Après un parcours interminable à travers un épais fouillis végétal, il put enfin progresser plus facilement. Il était arrivé devant le bâtiment de la piscine. Un léger sourire flotta sur ses lèvres et de nouvelles images se bousculèrent dans son esprit nostalgique. Il se revit sautant dans l'eau en éclaboussant le plus possible, effectuant des saltos arrière spectaculaires à partir du plongeoir. Ou, plus simplement, restant des heures à faire la planche en observant les nuages à travers le toit en verrière du bassin. Il se demandait alors si ses parents, là-haut dans leur avion, pouvaient le voir à travers leurs hublots. A l'époque, tandis qu'il rêvassait en regardant le ciel, il se disait qu'il finirait, avec le temps, par comprendre pourquoi son père et sa mère étaient toujours par monts et par vaux. Il avait pensé qu'il devait bien y avoir une raison qui les poussait constamment à partir, le laissant seul dans cette maison. Ses interrogations étaient restées sans réponse. Alors, dès qu'il était devenu adulte, il s'était mis à son tour à voyager, comme pour vivre de l'intérieur l'expérience de ses parents. A vingt et un ans, il s'était retrouvé tapi derrière un buisson, armé de son seul appareil photo, attendant pendant dix-huit heures que cesse un échange de feu nourri en pleine guerre civile bosniaque. Le jour de ses vingt-six ans, il s'était réveillé au pied de l'Everest pour découvrir que son guide l'avait abandonné à son triste sort. Pour couronner le tout, il y avait deux mois à peine, il avait repris connaissance dans un hôpital londonien, n'ayant même pas la force de demander qu'on lui donne à boire. Et tout cela, dans quel but ? Il se débarrassa de son sac à dos dont la courroie lui sciait l'épaule et le posa à ses pieds. En retrait de la route et protégé par une enceinte en brique de trois mètres de haut, Claudel était suffisamment isolé pour qu'il puisse laisser ses affaires là sans crainte qu'on les lui vole. Et quand bien même, que lui aurait-on pris ? Des vêtements usés et un passeport délavé ? Le beau butin ! Il n'était pas près de repartir en expédition dans la jungle avec son équipe de tournage. Pour le moment, plus question d'aventure.
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