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Fiche livre

EAN : 9782909422527 · Données disponibles
EAN 9782909422527
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Broché Encre Marine Parution : 01-01-2002 120 pages
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Informations
Philosophie d'un retournement
François Dagognet
Dernière mise à jour : 10/02/2026
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Fiche complétée
Éditeur
Encre Marine
Collection
Encre Marine
Série
Numéro de série
Format
Broché
Présentation
Broché
Parution
01-01-2002
Pages
120
Poids
501
Largeur
16
Hauteur
22.7
Épaisseur
1
Classification
Sciences humaines et sociales, Lettres > Philosophie
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Image key
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Les vertus du dehors L'interne, l’intime, le plus protégé, le mieux caché, l’inaccessible à toute observation, est-ce vraiment cela le plus précieux ? Une ligne de pensée ancienne et tenace n’a cessé de le faire croire. L’essentiel, à l’entendre, résidait au-dedans, dans quelque secret central se dérobant au regard. Cette supériorité valait pour l’humaine psychologie (le for intérieur), pour les conceptions de l’organisme (le milieu intérieur) aussi bien que pour les idées. En ce dernier domaine, il s’agissait toujours de viser l’essence, d’aller directement au cœur intelligible des faits, par-delà les apparences. La directive d’ensemble — sous des formulations variables selon les philosophes — était bien de ne pas se laisser distraire par les formes sensibles, les surfaces, les images. Le penseur devait s’appliquer à négliger la diversité des matières inertes, la créativité des tissus vivants, l’inventivité des objets humains. Ces chatoiements infiniment variés n’étaient que leurres. De pauvres ombres, des tromperies, des obstacles. Derrière, dessous, au centre résidait ce qui compte et vaut la peine qu’on s’y intéresse, par exemple l’âme, le propre, l’idée.Le grand mérite de l’œuvre singulière et prolifique de François Dagognet, c’est d’avoir rompu avec ces préjugés en portant l’attention, systématiquement, de livre en livre, depuis plusieurs décennies, sur tout ce que la métaphysique de l’intériorité et des arrière-mondes a laissé de côté, et dévalorisé, et méprisé. Ainsi a-t-on vu François Dagognet s’intéresser en philosophe aux cailloux, à la bakélite, aux manières de classer, à la peau, aux poils, aux ongles, à la forme des verres de bistrot et des couverts de table, aux ordures, aux déchets. Entre autres ! En repartant de toutes ces formes de dehors, il a su montrer — de manière à la fois rigoureuse, provocante et ironique — que l’extérieur nous transmet les informations les plus importantes. Selon ce philosophe paradoxal et défricheur, tout ce qui est visible, externe, offert à l’observation directe ou indirecte, contient en effet les richesses et les inventions les plus grandes. Un pas encore, l’intériorité sera presque une fable. En tout cas, le privilège insigne accordé à l’intimité risque de devenir une légende sans intérêt.Ce retournement, le dernier livre de François Dagognet le donne à voir de manière éclatante sur quelques domaines fort divers. Ainsi la botanique fournit-elle l’exemple d’une vie qui ne cesse de s’orienter vers le dehors. Ainsi les emballages, du flacon modeste aux contenants sophistiqués, permettent-ils de comprendre que tout se joue dans les surfaces. Ou bien les vêtements et leurs constantes évolutions aident à saisir que le "moi" est un processus visible et changeant, non une substance immuable et cachée. Enfin certains artistes contemporains (notamment Christo, Arman, le groupe Supports-Surfaces) confirment aux yeux du philosophe la victoire présente d’une pensée du sensible. A travers la diversité de ces exemples, il s’agit de discerner un même passage vers le dehors. François Dagognet ne nie évidemment pas l’intériorité. Ce serait excessif et absurde. Mais il conteste son caractère ineffable. Il combat sa prétendue supériorité, abusivement valorisée. A ses yeux, l’intérieur ne cesse de passer à la surface, de s’y manifester. A ceux qui veulent scruter le dedans, il suffirait donc de devenir, enfin, attentifs au dehors. […]Ces deux essais fort différents n’ont pas seulement en commun un intérêt pour le dehors comme pour un thème nouveau, une préoccupation générale. Ils mettent en œuvre une certaine manière de sortir, c’est-à-dire d’ouvrir la pensée à des domaines négligés, des faits oubliés, des cultures ou des connaissances jugées autrefois indignes de la majesté philosophique. Les y élever ne suffit pas, après les avoir sortis de l’oubli ou de l’abjection. C’est au contraire cette majesté même qui est en cause. La tâche essentielle consiste donc à prendre appui sur ces "dehors" multiples pour reconsidérer de manière critique et distanciée les plus profonds ancrages de notre propre "dedans". Bon nombre d’autres chercheurs s’y emploient. Car en ces parages ce n’est pas le travail qui manque.
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